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Douce spirale : 無料・フリー素材/写真

Douce spirale / Lynette FIESCHI
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Douce spirale

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説明Souvenirs d'écolière - SeptembreL’arrivée du neuvième mois de l’année m’emplit toujours d’une nostalgie tenace comme une mauvaise grippe, mais délicieuse comme une matinée tiède et ensoleillée succédant à d’interminables semaines de pluie glacée. Dans mon enfance, septembre était le moment où j’allais enfin retrouver ma chère école. Après deux mois et demi de congés estivaux, ma liberté avait perdu de son attrait, comme un jouet usé, devenu avec le temps inutile et malaimé. Les journées devenaient monotones et l’envie d’imaginer sans cesse de nouveaux jeux m’avait quittée depuis que septembre inondait les campagnes de sa lumière dorée et oblique. J’avais hâte de redevenir une écolière. Aujourd’hui encore, des dizaines d’années plus tard, le rayon « rentrée des classes » des magasins m’attire autant que la devanture alléchante d’un bon pâtissier… J’ai envie de tout, et surtout d’être à la place de cette petite fille que j’aperçois, occupée à choisir avec un air infiniment sérieux les fournitures nécessaires pour la nouvelle année scolaire… J’étais de ces élèves qui préfèrent le silence studieux de la salle d’étude à l’animation bruyante et désordonnée de la cour de récréation, la compagnie rassurante des livres à celle de mes remuants camarades. Ma timidité maladive m’incitait à fuir les jeux de ballon et de corde à sauter … J’attendais avec impatience de retourner en classe, malgré le caractère ingrat de mon institutrice à la sévérité légendaire et anachronique … Toutes les matières m’intéressaient. J’aimais déjouer les pièges des participes passés, découvrir la vie de nos ancêtres qui étaient en ce temps là, les gaulois. Je me délectais de la poésie, et les dictées tirées de grands textes me laissaient entrevoir l’univers merveilleux de la littérature. Je me disais que plus tard, je lirais ces ouvrages que je me figurais comme autant d’exotiques contrées qu’il me serait permis un jour d’explorer… J’écoutais avec ravissement la musique des mots… Je m’amusais de la cocasse docilité des chiffres qui s’alignaient, tels de courageux soldats, afin d’exécuter sur mon ordre une multiplication ou une division.Me reviennent en mémoire des parfums de crayon fraîchement taillé, de cartable neuf, de nouveaux cahiers prêts à accueillir avec indulgence l’empreinte malhabile de mon écriture d’enfant. Je me souviens avec émotion de l’odeur un peu métallique de l’encre d’un bleu d’abîme, et de celle, plus âcre, des craies que la maîtresse utilisait pour recouvrir le tableau noir des courbes gracieuses de son irréprochable calligraphie …. Il y avait aussi l’arôme chaleureux de la cire d’abeille qui se mêlait à tout cela, dans un charmant pot-pourri résumant à lui seul tout une enfance studieuse… En effet, à la fin du mois de juin, nos bureaux étaient installés dans la cour, à l’ombre rafraîchissante des arbres, dans un désordre incongru qui évoquait déjà les grandes vacances et la liberté. Le jour dit, chaque élève devait se munir d’une feuille de papier de verre, d’un peu de cire d'abeille et de vieux chiffons. Chacun ponçait avec soin son coin de table. Ainsi disparaissaient graffitis sacrilèges et innocentes dédicaces, déposés ici pour conjurer l’ennui des longs après-midi consacrés à tenter de résoudre des problèmes compliqués, où il était question de trains qui se croisent, de baignoires qui se remplissent, et d’autres choses qui n’intéressent pas la plupart des enfants. Puis il convenait d’enduire le bois redevenu brut d’une épaisse couche de cire odorante aux tonalités de miel. Après quelques heures de séchage, il fallait faire reluire nos bureaux jusqu’à obtenir un lustre suggérant le meuble de famille et l’intérieur sombre des maisons d’autrefois. Un parfum archaïque et entêtant d’encaustique imprégnait encore la salle de classe à la rentrée.J’ai connu les derniers porte-plume, accompagnés de leurs charmants encriers de porcelaine blanche remplis d’un liquide sombre et épais. Notre institutrice, une créature revêche en blouse grise, cheveux gris, et au regard acéré, persistait à nous imposer cet antique ustensile, en dépit de l’invention déjà ancienne du stylo. Elle était convaincue qu’une belle écriture ne s’obtient qu’avec une plume "sergent major"… Je ne suis jamais vraiment parvenue à dompter cet accessoire, ni à apprécier son charme désuet. J’entends encore les miaulements de chaton qu’il produisait en griffant ma page. Je revois mes doigts perpétuellement souillés dont les extrémités violettes trahissaient ma maladresse. Comme je maudissais cet instrument malcommode ! Il ne cessait d'émailler mon malheureux cahier, et parfois aussi mon tablier, de larges taches aux contours pourtant poétiques et aux délicats tons d’iris ! … Chaque maladresse me valait les sarcasmes de notre maîtresse, et parfois même une petite correction… En effet, cette institutrice aux manières démodées n’hésitait pas à malmener les oreilles des garçons, à tirer les longs cheveux des filles, voire même à user de sa règle pour un tout autre usage que celui pour laquelle elle est conçue !!Lorsque j’entamais un nouveau cahier, je me promettais de ne plus faire de pâtés, et de bannir à tout jamais les ratures. La blancheur immaculée des pages douces et satinées ainsi que l’élégant quadrillage bleu pervenche m’invitaient à tenter d’ améliorer ma vilaine écriture pour ne pas gâcher pareille perfection … De fait, les premières pages de mes cahiers d’écolière témoignent d’une application plus qu’ordinaire … Mais très rapidement, le graphisme redevient maladroit, les traits curieusement penchés, la présentation inadéquate. Les boucles des « l » et des « t » viennent imprudemment buter contre la ligne supérieure, les « m » se voient généreusement attribuer des jambes supplémentaires, les « é » sont tragiquement privés de leur accent… Les mots se bousculent et caracolent, les chiffres répugnent à se ranger en colonnes, les majuscules s’ornent de courbes inédites et fantaisistes, les phrases s’aventurent effrontément au-delà de la frontière rose pâle de la marge. Ma vigilance diminuant petit à petit, survenait immanquablement l’inévitable tâche, ainsi que ses funestes conséquences… Malgré d’excellentes notes, ces difficultés me valaient une inimitié chronique avec mon institutrice, qui m’accablait de lignes à recopier tout en me traitant de souillon ; j’étais alors confrontée à la redoutable et impossible mission de reproduire son admirable calligraphie. C’est avec un grand soulagement que j’accueillis, avec quelques années de retard sur le reste de la France, l’ère nouvelle et confortable du stylo à bille !
撮影日2021-11-12 10:17:34
撮影者Lynette FIESCHI
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撮影地
カメラNIKON D5600 , NIKON CORPORATION
露出f/7.1
開放F値f/7.1
焦点距離18 mm


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